27 octobre 2011 – Une coalition européenne d’associations de défense des droits de l’Homme a exprimé ses inquiétudes face aux pressions de l’Union européenne sur les pays des Balkans occidentaux afin qu’ils réduisent l’affluence de demandeurs d’asile originaires de leurs pays dans l’Union européenne. Réagissant à une lettre de la commissaire européenne Cecilia Malmström aux ministres de l’Intérieur des cinq pays des Balkans qui ont récemment bénéficié d’une libéralisation du régime des visas avec l’Union européenne, les ONG ont déclaré que l’Union européenne mettait en péril sa crédibilité en matière des droits de l’Homme.

Selon les informations diffusées par les médias, Cecilia Malmström, commissaire européenne en charge de coordonner la politique migratoire de l’Union, a écrit aux gouvernements des cinq Etats des Balkans qui ont été récemment exemptés de l’obligation de visa pour les courts séjours dans l’espace Schengen, en leur demandant d’informer la Commission sur les mesures qu’ils ont prises afin de lutter contre l’augmentation du nombre de demandeurs d’asile originaires de leurs pays dans certains pays de l’Union européenne. La commissaire les a avertis qu’ils risquaient de perdre le bénéfice de la libéralisation du régime des visas.

Depuis l’an passé, les pays des Balkans occidentaux subissent des pressions grandissantes de la part de la Commission européenne et de certains pays de l’Union européen visant à les obliger d’empêcher le départ des candidats potentiels à l’asile.

Dans leur lettre à la Commission européenne, les ONG critiquent la demande faite à ces pays d’appliquer les conditions d’entrée contenues dans le Code frontières Schengen comme test de sortie. Ce dernier définit les critères que les ressortissants de pays tiers doivent remplir afin d’être admis dans l’espace Schengen. Sur cette base, plusieurs milliers de citoyens de ces pays se sont vu refuser le droit de quitter leur pays.

Les ONG sont particulièrement préoccupées par le fait que ces mesures, ainsi que d’autres, visent particulièrement les minorités ethniques. Ceci ressort également du dernier rapport de suivi de la Commission européenne sur la Macédoine où la Commission évoque, parmi les mesures de prévention visant à empêcher les citoyens macédoniens de demander l’asile dans l’Union européenne, «l’amélioration des contrôles aux frontières et le profilage ».

Les ONG soulignent que la liberté de circulation est un droit fondamental et comporte le droit pour chaque individu de quitter tout pays, y compris le sien. Ils soulignent que les cinq pays ont adopté le principe de la liberté de circulation dans leur constitution nationale, qui garantit également le principe d’égalité et de non-discrimination.

Elles constatent avec ironie que l’Union européenne, qui a demandé aux pays des Balkans occidentaux d’adopter les principes internationaux des droits de l’Homme dans le cadre du procès d’adhésion à l’UE, leur demande aujourd’hui de violer ces mêmes principes afin de freiner l’immigration .

En l’absence d’une amélioration des conditions de vie des Roms, la demande de la Commission aux pays de prendre des « mesures supplémentaires pour réduire le nombre de demandeurs d’asile conduira inévitablement à un renforcement de la discrimination envers les Roms. Selon les ONG, l’UE risque de perdre sa crédibilité de défenseur des droits des minorités.

Les ONG demandent à la Commission de mettre un terme à ses pressions sur les pays d’États des Balkans occidentaux visant à les contraindre à adopter des mesures pour empêcher leurs citoyens de demander l’asile à l’étranger. Elles estiment que la Commission devrait plutôt demander à ces pays de combattre efficacement les facteurs qui poussent les minorités ethniques et en particulier les Roms, à partir. Les ONG demandent également une plus grande transparence dans la politique migratoire de l’Union, qui devrait être fondée sur une stricte application et le respect des droits de l’Homme.

Chachipe a.s.b.l.