Genève, 7 juillet 2009  – Le Représentant de l’ONU pour les droits des personnes déplacées Walter Kaelin s’est déclaré mardi “alarmé” par la situation de plusieurs centaines de Roms déplacés qui vivent depuis dix ans sur un site contaminé au Kosovo.

Environ 670 Roms kosovars ont été placés par l’ONU dans des camps où l’environnement est largement pollué par le plomb, à proximité d’une ancienne mine de ce métal, dans le nord du Kosovo. L’installation des Roms à cet endroit, en 1999 après les bombardements de l’Otan, était supposée être temporaire.

“Ces gens vivent dans la proximité immédiate de déchets toxiques qui empoisonne leur sang avec du plomb depuis dix ans. Tout particulièrement, les enfants sont dans un état de santé critique et doivent recevoir des soins immédiatement”, a expliqué M. Kaelin dans un communiqué au retour d’une visite en Serbie et au Kosovo du 28 juin au 4 juillet.

Le Représentant de l’ONU a demandé aux autorités et aux protagonistes de “coopérer d’une manière pragmatique et de trouver sans retard une solution durable”.

“Il s’agit d’une urgence humanitaire et d’un très grave problème de droits de l’homme. On ne doit pas jouer avec les vies et la santé de ces enfants malades pour des raisons politiques”, a-t-il insisté.

M. Kaelin a par ailleurs déploré le fait que les “personnes déplacées du Kosovo ou à l’intérieur du Kosovo sont toujours confrontées à d’importants obstacles pour revenir chez elles” ou pour “s’intégrer là où elles sont actuellement”.

Des “comportements discriminatoires profondément enracinés, le manque d’accès à l’emploi et au logement, la carence d’écoles pour les minorités et les difficultés pour reprendre possession de leurs propriétés et pour faire reconstruire leurs maisons figurent parmi les principaux obstacles au retour”, a relevé M. Kaelin.

“Près de 800 familles de déplacés se sont inscrites pour rentrer chez elles au Kosovo cette année”, a noté le Représentant de l’ONU, pour qui il “s’agit là d’un important dossier pour tester” la volonté des autorités, notamment municipales, de faciliter le retour des populations déplacées.

Source: AFP