New York (Nations unies), 18 juin 2009 – Le chef de la diplomatie serbe, Vuk Jeremic, a plaidé mercredi pour le retour rapide de plus de 200.000 personnes déplacées d’origine serbe au Kosovo, affirmant que cela exigeait une amélioration des conditions pour qu’elles se sentent en sécurité.

Citant le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), il a indiqué que plus de 200.000 Serbes du Kosovo déplacés n’étaient pas encore retournés dans ce territoire à majorité albanaise, qui a déclaré unilatéralement son indépendance de la Serbie en février 2008.

Notant que l’an dernier, seuls 500 d’entre eux ont effectué leur retour et une trentaine depuis mars dernier, M. Jeremic a estimé qu’il s’agissait “d’un échec aux proportions monumentales,”.

Le ministre, qui participait à un débat au Conseil de sécurité sur le Kosovo, a demandé que de plus grands efforts soient faits pour améliorer “les conditions sur le terrain pour qu’ils (les candidats au retour) se sentent en sécurité.”

“Très peu de maisons détruites ont été reconstruites et la plupart restent vides,” a-t-il dit, ajoutant que le plus gros problème était que 40.000 plaintes déposées par des réfugiés serbes pour récupérer des propriétés privées saisies illégalement “n’avaient pas reçu de réponse.”

Dans son dernier rapport sur le Kosovo, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, indique que le nombre de retours volontaires au Kosovo en 2009 “augmente graduellement, même si malheureusement il reste bas et continue d’être bien en dessous des niveaux de 2008.”

Citant des chiffres du HCR, il précise que 137 personnes seulement — incluant 24 Kosovars albanais, 30 Serbes et 54 Roms, Ashkali et Egyptiens — sont volontairement retournés au Kosovo de janvier à avril.

Il souligne que selon les autorités du Kosovo, “le manque de perspectives d’emploi, une situation économique fragile et un accès limité aux services et à la sécurité publics” étaient les principaux obstacles à la réintégration des réfugiés.

Mais le ministre kosovar des Affaires étrangères, Skender Hyseni, a déclaré à la presse que son gouvernement faisait de son mieux pour intégrer les membres de la minorité serbe et a rejeté sur Belgrade la responsabilité de leurs difficultés.

Il a accusé la Serbie de faire preuve d’un “manque total de coopération” et d’essayer de “maintenir la communauté serbe à l’écart” des autorités du Kosovo.

“Belgrade ne peut pas continuer à retenir en otage la communauté serbe du Kosovo,” a dit M. Hyseni.

L’indépendance du Kosovo a été reconnue par 60 pays dont les Etats-Unis et les principaux pays de l’UE. La Serbie et les Serbes du Kosovo s’opposent fermement à cette proclamation qu’ils considèrent illégale.

Source: AFP