9 juin 2009 – A l’occasion du dixième anniversaire de la fin de la guerre sur le Kosovo, Chachipe a lancé un appel urgent à l’Union européenne de trouver une solution à la crise des réfugiés. Dix ans après la fin de la guerre, plusieurs dizaines de milliers de Roms du Kosovo attendent toujours de voir leur cas résolu, l’organisation affirme dans une lettre adressée au Conseil européen.

Dans cette lettre, Chachipe exprime son inquiétude concernant la récente signature d’un accord bilatéral de réadmission entre les autorités du Kosovo et le gouvernement allemand ainsi que concernant les négations en cours avec les gouvernements des autres pays d’accueil des réfugiés. «Il y a deux semaines, nous avons assisté à l’expulsion d’un jeune Rom et père de deux enfants nés en Allemagne de l’Allemagne vers le Kosovo, en violation avec les principes fondamentaux des droits humains tels que la protection de la vie familiale et en contravention avec la position du HCR concernant la nécessité d’une protection internationale continue des personnes originaires du Kosovo », l’organisation dit.

Selon Chachipe, la pression sur les réfugiés roms du Kosovo de retourner dans leur pays est devenue telle, dans certains pays, qu’elle a déclenché un nouveau mouvement de fuite au sein de l’Union européenne où les réfugiés essaient d’échapper à leur expulsion en se déplaçant d’un pays à l’autre. Cependant, ils risquent alors d’être déportés sur la base de la convention de Dublin II, qui détermine les responsabilités pour le traitement de la demande d’asile, qui reste avec le pays d’entrée dans l’Union.

Chachipe évoque également sur la situation des réfugiés dans les pays voisins du Kosovo et au Kosovo-même, où les réfugiés sont contraints de vivre dans des situations misérables qui mettent parfois leur vie en danger. «Dans aucun de ces pays, les Roms du Kosovo n’avaient une vraie possibilité d’avoir leur droit à l’asile reconnu, mais ils ont été acceptées sur la base de politiques ad hoc, qui sont abolies progressivement avec la diminution de l’aide et de l’attention internationale,” l’organisation dit dans sa lettre. «Tout comme pour ceux qui ont été placés sous la protection temporaire dans les États membres de l’Union, on leur a refusé la possibilité de s’intégrer et de commencer une nouvelle vie».

L’association appelle le Conseil européen et les Etats membres européens à trouver une solution durable à la crise des réfugiés. Selon elle, le sort des Roms du Kosovo appelle en effet à la responsabilité de l’Union européenne à de nombreux égards, à commencer par l’engagement de l’Union dans le conflit du Kosovo. Dans un premier temps, Chachipe demande la fin immédiate des rapatriements forcés de Roms vers le Kosovo. Cette mesure doit être complétée par une vaste campagne de régularisation des réfugiés roms du Kosovo, à l’échelle de l’Union européenne, ainsi que par le lancement de programmes d’intégration dans les pays des Balkans qui doivent être subventionnés par l’Union européenne.

D’après Chachipe, la solution de la crise des réfugiés est intimement liée au règlement post-conflit au Kosovo. L’association a demandé la réouverture des procédures de retour des propriétés et des procédures d’indemnisation, car de nombreux Roms n’étaient pas capables de faire valoir leurs droits. Elle demande également une enquête approfondie sur les violations des droits des Roms contre les Roms et de la persécution et la mise en justice de criminels de guerre présumés. « Il ne s’agit là pas seulement d’une question de justice, mais également une condition nécessaire pour des retours durable et en sécurité», précise-t-elle dans sa lettre.

Finalement, l’association demande à l’Union européenne de faciliter la création d’un organe représentatif qui pourrait agir comme un interlocuteur auprès des organisations internationales et des gouvernements nationaux pour toutes les questions qui concernent les Roms du Kosovo, et que ces questions soient traitées en priorité lors des prochaines réunions du Conseil.

Chachipe a.s.b.l.