Accueil. L’indépendance ne devrait pas changer la pratique de l’Office fédéral des migrations.

19 février 2008 – L’indépendance du Kosovo ne devrait pas bouleverser la politique d’asile suisse. A la question de savoir en quoi elle influencera la pratique de l’Office fédéral des migrations (ODM) à l’égard de ses ressortissants, l’office concerné répond que, tant que le Conseil fédéral ne la reconnaît pas officiellement, il continuera à traiter les demandes comme avant. Un Albanais du Kosovo qui déciderait aujourd’hui de déposer une demande d’asile en Suisse sera ainsi toujours considéré comme un ressortissant de Serbie.

Et ensuite? «En règle générale, la pratique envers les Albanais du Kosovo ne devrait pas vraiment changer», précise Jonas Montani, porte-parole de l’ODM. «Déjà actuellement, la majorité n’obtient ni l’asile ni l’admission provisoire. Mais nous continuerons d’examiner chaque cas individuellement. Par ailleurs, notre office ne pense pas qu’il y aura une grosse vague de réfugiés kosovars.»

La question des minorités

Et la minorité serbe, qui, jusqu’ici, obtenait en principe une admission provisoire ou le statut de réfugié? «Très peu prennent le chemin de la Suisse. Et on tentera au préalable d’établir s’il existe une possibilité de séjour en Serbie ou par exemple au nord du Kosovo, à Mitrovica», souligne Jonas Montani. Le porte-parole ajoute que la proclamation d’indépendance du Kosovo ne devrait pas non plus avoir d’influence sur les demandes en cours de traitement, «car la situation sur place n’a pas changé de manière significative».

Voilà qui a de quoi rassurer l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR). Elle aurait vivement réagi si un durcissement à l’égard des ressortissants du Kosovo avait été programmé. Car le Kosovo n’est pas encore doté de structures étatiques suffisamment solides pour que la sécurité de tous, même de la majorité albanaise, puisse dans tous les cas être assurée dans de bonnes conditions, précise Yann Golay, juriste à l’OSAR. Mais, surtout, «la proclamation de l’indépendance pourrait n’apporter aucune amélioration pour les minorités ethniques du Kosovo, voire même péjorer leur situation», insiste-t-il. Pour le vice-président des Verts Ueli Leuenberger, la Suisse devrait permettre aux Kosovars un accès facilité au marché du travail. «On pourrait par exemple introduire des contingents et offrir un statut légal aux Kosovars sans papiers qui vivent et travaillent en Suisse», a déclaré le fondateur de l’Université populaire albanaise à Genève dans une interview à la MittellandZeitung.

L’instruction du 18e contingent de la Swisscoy a débuté lundi à Stans (NW), dans le contexte de la déclaration d’indépendance du Kosovo.

Source: Le Temps