PARIS — Provisional release for Ramush Haradinaj is a new blow to Carla Del Ponte, Le Monde said today.

It is a process in which the U.S. and British support to the former prime minister of Kosovo, who is indicted for war crimes against Serbs, Roma and Albanians in that province reaches as far as the Hague tribunal, the Paris daily claims.

“The trial of the former leader of the KLA might end with a painful defeat of the prosecutor, because influential British and U.S. lawyers count with a verdict of release for Haradinaj,” the paper said.

Developments to the benefit of Haradinaj, who has had a continuous support of UNMIK in Priština, would mean his speedy return to the political scene at the moment crucial for the province’s future, concluded Le Monde, adding that Haradinaj “never actually left the political scene, despite the trial for war crimes”.

“This is the case which some did not even want to see in court, the case in which we had small support at international and local levels,” the daily quoted Del Ponte, the chief Hague prosecutor, as saying.

Le Monde recalled that several witnesses had withdrawn their testimonies and quoted a statement by Sefcet Kabashi, one of the former Albanian separatist leaders, who had refused to testify because he did not believe in the court’s capacity to protect him, after some of the people whose names were on the witness list had been murdered.

“I do not wish receive measures of protection because protection (…) exists in the court room only,” said Kabashi.

The murder of “No. 1 witness” Kujtim Berisha in Montenegro was not investigated because the ICTY “is not capable of carrying out a parallel investigation,” the daily quoted an unidentified source within the ICTY.

In a statement with Le Monde, the source said that the tribunal “had performed, for the second time, a shameful lack of respect” by refusing to recognize the KLA victim his witness status.

“The witness in question is a poor Roma, but who cares about him. He was not a non-smoker, he did not speak English or French, he was not a wonderful man,” Le Monde’s source said ironically.

The problem with witnesses is not the only reason for the anticipated failure of the indictment, the Paris daily evaluated, adding that the reasons for this fiasco should also be sought in the U.S. and British support to Haradinaj, which is extended as far as the International Criminal Tribunal for the Former Yugoslavia.

Source: B92

La permission de Noël d’Haradinaj illustre les revers du TPIY sur le Kosovo

La Haye, 24 decembre 2007 – L’ancien premier ministre du Kosovo, Ramush Haradinaj, a quitté, vendredi 21 décembre, sa cellule de La Haye pour passer Noël en famille, au Kosovo. Accusé de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis en 1998, l’ex-officier de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) a été mis en liberté provisoire par les juges du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).

Pour la procureure Carla del Ponte, ce “cadeau de Noël” constitue un nouveau revers. Le procès de l’ex-premier ministre et de ses deux co-accusés, Lahi Brahimaj et Idriz Balaj, prendra fin le 23 janvier. Il pourrait se solder par un cuisant échec pour le parquet. Les trois accusés n’ont présenté aucun témoin pour leur défense, signifiant ainsi que les preuves présentées par le procureur depuis l’ouverture du procès, le 5 mars, sont sans objet. Leur puissante équipe d’avocats, britanniques et américains, parie sur l’acquittement.

Pour Ramush Haradinaj, président de l’Alliance pour le futur du Kosovo, l’un des cinq partis représentés au Parlement kosovar, une libération serait la promesse d’un retour rapide sur la scène politique à un moment crucial de l’avenir de la province, alors qu’une déclaration d’indépendance pourrait intervenir prochainement. Une scène qu’il n’a jamais réellement quittée, malgré son procès à La Haye. Lors des élections législatives du 17 novembre, son parti a emporté 9 % des suffrages et l’ex-commandant a obtenu le soutien de la Mission des Nations unies au Kosovo (Minuk), qui a estimé qu’il pouvait concourir “même s’il est en jugement à La Haye”.

“Il s’agit d’une affaire dont certains ne voulaient pas, une affaire dans laquelle nous avons reçu très peu de soutiens, aussi bien au niveau international que local”, avait estimé Mme Del Ponte à l’ouverture du procès. Depuis, la procureure a multiplié les déclarations en ce sens. Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le 10 décembre, le représentant russe, Ilia Rogatchev, a profité de la brèche ouverte : “Une fois de plus, l’accusation s’adresse au Conseil de sécurité afin que la mission de l’ONU l’aide à protéger les témoins. Cependant, les chances d’obtenir une telle contribution sont illusoires, étant donné que, selon le rapport, l’accusé Haradinaj bénéficie du soutien de représentants haut placés de la Minuk.”

Au cours du procès, les juges ont émis une vingtaine de citations à comparaître. A la barre, plusieurs témoins sont revenus sur leurs déclarations et trois ont été poursuivis pour outrage. Parmi eux, Shefqet Kabashi, un ex-officier de la guérilla séparatiste, qui a refusé de déposer. “Il y a des personnes qui ont été interrogées et dont les noms ne figurent pas sur la liste des témoins parce qu’elles ont été tuées. Je ne veux pas de mesures de protection, parce que cette protection n’existe pas dans la réalité. Elle n’existe que dans cette salle d’audience, mais pas ailleurs”, a-t-il lancé aux juges.

Affaire personnelle

En février, à quelques jours de l’ouverture du procès, le premier témoin du parquet, Kujtim Berisha, est mort à Podgorica, au Monténégro. La police monténégrine a conclu à un accident. Mais le TPIY n’a jamais voulu confirmer que l’homme figurait sur la liste des témoins au procès. Le cas du témoin “numéro 1”, selon le pseudonyme qui lui avait été attribué par mesure de protection, n’a pas fait l’objet d’enquête. “Si un doute persiste sur les causes de son décès, nous n’avions pas les moyens de conduire une enquête parallèle”, affirme une source proche du dossier.

Une victime des crimes du Kosovo, qui a suivi l’intégralité du procès, estime qu’“en refusant de reconnaître son statut de témoin, le Tribunal fait preuve, à son égard et pour la seconde fois, d’un manque de respect honteux. C’était un pauvre Rom, mais personne n’en a rien à faire. Il n’était pas non fumeur, ne parlait ni anglais ni français. Ce n’était pas un homme merveilleux”, ajoute-t-elle avec ironie, fustigeant les superlatifs attribués à Ramush Haradinaj par la communauté internationale au Kosovo, dit-elle.

Le problème posé par les témoins n’est pas seul responsable de l’échec prévisible du parquet. Certains évoquent “un dossier bâclé”, y voyant une conséquence des soutiens américains et britanniques à Ramush Haradinaj jusque dans les couloirs du TPIY.

Stéphanie Maupas

Source: Le Monde

See also:

B92: Svedok protiv Haradinaja poginuo, 17 February 2007, available at:

http://www.b92.net/info/vesti/index.php?yyyy=2007&mm=02&dd=17&nav_id=232928